Camille Yadan

Bonjour,
Pouvez-vous vous présenter pour vos lecteurs mais aussi pour ceux qui ne vous connaissent pas
encore ?
Bonjour ! Je m’appelle Camille. Illustratrice et technicienne du dessin animé, passionnée par les contes et les animaux, j’ai exploré divers métiers et projets : de graphiste à storyboardeuse, de la publicité à la série
télé jeunesse. J’ai toujours dessiné, aussi loin que je m’en souvienne, car étant très dyslexique, le dessin a
toujours été pour moi une manière plus simple de communiquer que l’écriture. C’est un rêve qui se réalise pour moi d’illustrer et de publier ce premier livre. J’espère donc qu’il vous plaira !
Quel passage avez-vous le plus aimé illustrer et pourquoi ?
La course ! Venant du dessin animé, j’aime particulièrement saisir le mouvement et l’action dans mes
illustrations. Je trouve aussi que c’est un moment fort pour nos deux protagonistes, qui met à l’épreuve
leur rêve et leur détermination. Mais shhh… j’en dis déjà trop, je vous laisse découvrir par vous-mêmes.
Ehehe.
Quelles ont été vos conditions pour dessiner les illustrations de ce livre pour enfants ?
Après le travail. Bien que j’en rêve, l’illustration n’est pas encore mon activité principale et je n’ai pas
d’atelier. J’ai donc placé mes sessions de peinture dès que j’ai pu, où j’ai pu : sur ma table de salle à
manger, sur le canapé, dans la salle de pause du bureau… Ça a été un vrai test de ma persévérance et de
ma motivation. Finalement, un peu comme les personnages de l’histoire.
Aviez-vous déjà illustré un livre pour enfants ou est-ce la première fois ? Aimeriez-vous un jour
écrire et illustrer votre propre livre jeunesse ou préférez-vous illustrer les livres d’autres auteurs.
C’est mon premier livre pour enfants. C’était vraiment une expérience très différente du dessin animé.
L’animation est un art collectif : on est entre une dizaine et une vingtaine à travailler ensemble sur une
histoire, chacun apportant sa pierre à l’édifice. C’est très gratifiant, mais on a aussi beaucoup moins de
liberté. Ici, c’était seulement moi et Carla à l’écriture, ce qui m’a laissé une immense liberté créative…
mais aussi beaucoup de doutes et de remises en question.
Au final, j’ai adoré et je recommencerai l’expérience sans hésiter. Peut-être en écrivant l’histoire, peut-
être seulement en illustrant. Seul l’avenir nous le dira !
Avec quelle technique avez-vous illustré l’histoire ? Pourquoi ce choix et avez-vous déjà essayé
d’autres techniques ?
Ce livre est illustré à la gouache. J’ai exploré de nombreuses techniques au cours de ma carrière : crayon
de couleur, aquarelle, feutre, ordinateur… Mais c’est un jour, en contemplant le travail d’un de mes
artistes préférés — James Gurney, auteur des livres Dinotopia — que j’ai décidé de me mettre à la
gouache.
La gouache permet d’avoir des couleurs intenses et lumineuses, avec un aspect de texture doux et velouté, très appréciable dans une histoire pour enfants. C’est notamment avec la gouache que beaucoup de décors de dessins animés étaient peints, comme La Belle au bois dormant ou Blanche-Neige. Bref, j’aime la gouache, et pour moi, c’était la technique parfaite pour cette histoire.
Aviez-vous déjà dessiné un sanglier, qui est un animal peu présent dans les livres jeunesse ?
Oui ! Comme je l’expliquais en me présentant, je suis une grande passionnée d’animaux. C’est mon sujet
préféré à dessiner. J’avais déjà fait des études anatomiques de sangliers pour m’amuser, et j’ai notamment illustré une conférence de paléontologie sur les suidés (la famille à laquelle appartiennent les sangliers). Ce sont des animaux fascinants. J’aime beaucoup le fait que leur museau leur serve de grosse pelle pour déterrer de la nourriture C’est très mignon !
Entre la princesse et le sanglier, quel personnage avez-vous pris le plus de plaisir à dessiner ?
C’est une question difficile ! J’ai adoré dessiner le sanglier avec sa grosse tête et ses yeux gentils. Mais
j’aimais aussi beaucoup mettre en couleur Colette : faire briller les reflets de ses cheveux, le métal de sa
couronne, les éclats des rubis… Ce sont des éléments très satisfaisants à peindre.
Auriez-vous aimé vivre les mêmes aventures que Colette ?
Oh oui ! Mais est-ce que, finalement, je ne les vis pas un peu tous les jours ? Ahaha.
On me dit souvent, à cause de qui je suis, que je ne peux pas accomplir mes rêves et que je devrais y
renoncer. Mais heureusement, j’ai des amis qui, comme Beau Poil, me réconfortent et me soutiennent.
Grâce à eux, je trouve la force et la détermination d’avancer.
Bon, certes, mes amis ne sont pas des sangliers qui parlent… Ça, c’est vachement cool !
Que diriez-vous à un enfant pour l’inciter à lire votre histoire ?
Je dirais que c’est un livre où une princesse et un sanglier participent à une course. Et ça, c’est quand
même vachement marrant ! Rien que pour découvrir le pourquoi du comment, ça vaut le coup de lire.
Mais surtout, je leur dirais que si eux aussi, un jour, ils ont douté d’eux-mêmes ou eu peur d’échouer, que
ce soit à l’école, au sport, ou dans tout ce qui leur tient à cœur, je pense que Colette et Beau Poil leur
montreront que tout est possible, et que l’essentiel, c’est de persévérer.
Si une princesse haute comme trois pommes et un sanglier peuvent le faire… alors eux aussi !
Son livre :
